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Reprise comptable avec la norme FEC… ou pas

Comment migrer une comptabilité vers Odoo de manière propre, lisible et durable
4 février 2026 par
Reprise comptable avec la norme FEC… ou pas
AUGURIA, Cyrille de LAMBERT

Actualités Auguria

Lors d’un changement d’ERP, la reprise comptable est souvent résumée à une phrase : « on va importer le FEC dans Odoo ».

C’est logique : le FEC est normé, disponible, et largement utilisé en France.

Mais le FEC est d’abord un format fiscal. Il est excellent pour reprendre un historique comptable… à condition de connaître ses limites (multi-devises, objets métier, qualité d’organisation).

Chez Auguria, nous réalisons des reprises vers Odoo depuis Sage 100, Sage X3, Cegid, Business Central, etc. Notre approche est simple : FEC quand c’est pertinent, CSV quand il faut faire mieux, et souvent un mélange des deux.

1) Le FEC : une norme fiscale avant tout

Le FEC est conçu pour l’audit et le contrôle : il reflète une comptabilité tenue en euros.

Il est très adapté pour :

  • importer un historique d’écritures,

  • reconstituer des journaux,

  • retrouver des soldes fiables,

  • conserver une traçabilité conforme.

Il est moins adapté pour :

  • reconstruire des objets métier (factures, paiements),

  • garantir une organisation lisible par pièce,

  • assurer une continuité fonctionnelle en multi-devises.

2) Condition impérative pour un import FEC dans Odoo

Pour qu’un import fonctionne correctement :

Les écritures doivent être regroupées par pièce comptable et être équilibrées

(total des débits = total des crédits).

Sans ça, l’import peut échouer ou produire des écritures inutilisables.

Problème fréquent : FEC “juste” mais mal ordonné

Dans de nombreux exports (notamment certains Sage), les lignes d’une même pièce sont dispersées.

Un FEC mal organisé n’est pas mauvais : il est simplement mal ordonné… et cela peut empêcher l’import dans Odoo.

Tri recommandé :

journal → date → référence de pièce → numéro d’écriture

3) Comptes tiers : structurer collectif et auxiliaires

Dans beaucoup de FEC, le tiers est codé dans CompteNum (401AMAZON, 411OTMORTA, etc.).

Dans Odoo, on préfère un compte collectif + un auxiliaire.

Exemple de transformation (tiers)

Avant (FEC source)Après (FEC préparé pour Odoo)
CompteNum = 401AMAZONCompteNum = 40110000
CompAuxNum videCompAuxNum = AMAZON (si AMAZON est le code tiers)
CompteLib = AMAZON EUCompAuxLib = AMAZON EU

Même logique côté clients :

AvantAprès
CompteNum = 411OTMORTACompteNum = 41110000
CompAuxNum videCompAuxNum = OTMORTA
CompteLib = OTMORTACompAuxLib = OTMORTA

4) Comment Odoo exploite CompAuxNum et CompAuxLib

Lors de l’import :

  • si Odoo trouve un tiers existant avec la même référence, il le réutilise,

  • sinon, il peut créer automatiquement le contact grâce à CompAuxNum et CompAuxLib.

5) Le FEC atteint ses limites, notamment en multi-devises

Le FEC est pensé en euros : il ne permet pas de reprendre correctement une comptabilité multi-devises vivante (continuité des montants en devise, écarts de change, lettrage cohérent, etc.).

6) Quand le FEC ne suffit pas : imports CSV et “objets métier”

Quand on veut de la continuité fonctionnelle (surtout en devises), on complète ou on remplace le FEC par des imports CSV Odoo (factures, paiements, soldes).

Tableau d’aide à la décision : FEC / CSV / mix

ObjectifApproche recommandéePourquoi
Historique comptable “figé” en eurosFECRapide, complet, conforme
Continuité clients/fournisseurs (pièces ouvertes)FEC + CSVOdoo a besoin d’objets (factures/paiements)
Multi-devises (factures, banques en devises)CSV (souvent) + éventuellement FEC pour le resteLe FEC ne suffit pas pour une continuité devise
Reprise orientée gestion (factures, échéances, paiements)CSVOn reprend des objets métier, pas seulement des écritures

7) Journaux : rendre les codes lisibles et durables

Les codes journaux ne sont pas forcément longs, mais souvent peu significatifs (R2, VT, etc.).

La migration est le bon moment pour choisir des codes courts et explicites.

On rencontre aussi des codes par défaut comme MISC (utilisé par Odoo et d’autres logiciels).

En France, on choisit souvent OD pour “Opérations diverses”, plus parlant.

Modèle de mapping des journaux (exemples)

Constat dans le FECCode Odoo cibleExemple / logique
Ventes : code VT, libellé “VENTES”VE ou FAVE si journal ventes global, FA si journal factures clients
Banque : code technique R2SG (ou autre banque réelle)On renomme selon la banque : SG, CA, BNP…
Banque : code BQ utilisé pour SGSGOn spécialise : un journal = une banque
Opérations diverses : MISCODHarmonisation en français, lisible

8) Checklist avant de choisir “FEC… ou pas”

minimiser les surprises :

Point à vérifierSi “oui”Si “non”
Écritures regroupées par pièce et équilibréesFEC possibleRetraitement obligatoire
Comptabilité uniquement en eurosFEC souvent suffisantCSV recommandé (ou mix)
Besoin de continuité métier (factures/paiements)Mix FEC + CSVCSV prioritaire
Codes journaux lisiblesImport plus simpleProfiter de la migration pour clarifier

Conclusion

Le FEC est un excellent outil… quand il correspond au besoin.

Mais dans un projet Odoo, la bonne question n’est pas “peut-on importer le FEC ?” — c’est :

Quelle stratégie permet de repartir avec une comptabilité lisible, exploitable et durable ?

Chez Auguria, nous utilisons le FEC quand il est pertinent, et nous le complétons par des imports CSV quand il faut reprendre des objets métier (notamment en multi-devises) — pour livrer une comptabilité plus claire après migration qu’avant

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